Les stages font partie intégrante de la troisième d’alternance. Ils sont obligatoires. Les élèves doivent venir 15 jours au collège, puis aller 15 jours en stage, tout au long de l’année.
Les stages ont pour objectif premier d’aider les élèves à préparer leur projet d’orientation.
Il ya huit sécessions de 15 jours de stages. Ces huit sécessions sont divisées en trois phases (j’espère que vous avez pris votre café, que vous êtes bien réveillés, parce que c’est un peu ardu) :
L phase de découverte : stages 1, 2, 3.
Durant cette phase, nous demandons aux élèves de faire des stages dans trois domaines différents, afin d’élargir leur vision du monde professionnel et de soulever un questionnement sur leur orientation.
L phase de choix : stages 4, 5, 6.
Les élèves doivent affiner leur choix : ils doivent avoir à l’issue de cette phase, une idée assez précise des deux domaines qui les intéressent.
Les élèves doivent faire deux stages dans leur domaine de prédilection. C’est l’occasion pour ceux qui souhaitent s’orienter vers l’apprentissage, de montrer leur motivation à des patrons éventuels.
Dans la mesure du possible, ils doivent avoir fait au moins un stage dans le domaine public, un stage dans le domaine privé et si possible dans le milieu associatif.
J’avais proposé d’obliger les garçons à chercher un stage dans un domaine d’activité connoté « fille », et les filles à chercher un stage dans un domaine connoté « garçon ». En effet, l’an dernier, dans le cadre d’un projet, filles et garçons de troisième d’alternance, avaient repeint des halls des cités voisines. Les filles, au début réfractaires, ont été complètement enjouées. Toutes ont réussi à faire fi du regard des autres et à enfiler la tenue complète du peintre en bâtiment : chaussures de sécurité, combinaison blanche, casquette blanche, masque blanc. Toutes ont porté des seaux de peinture, toutes sont montées sur des échelles, toutes ont fait un travail de qualité. D’elles-mêmes, elles n’auraient pas eu l’idée de faire un stage en peinture, ou si une en avait eu l’envie, elle aura été freinée dans son désir par le poids des stéréotypes bien ancrés. Que l’on les y oblige, leur a donné la légitimité de faire de la peinture en bâtiment, et le goût de pratiquer cette activité. Le raisonnement est le même pour un garçon, qui de lui-même aura du mal à demander à faire un stage en crèche ou un CAP coiffure. Mais bon, cette idée, n’a pas véritablement suscité l’enthousiasme de mes collègues. On pourrait presque parler de flop…