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Alter S.E.S.

Réflexion en Sciences Economiques et Sociales par Jérôme Chéreau, professeur de S.E.S. au lycée Marguerite de Flandre de Gondecourt

 
 

Au fait, elle vient d’où cette crise financière ?

 
13/10/2008
 
 Pour comprendre son origine et être relativement simple, il faut remonter quelques années en arrière et regarder vers les Etats-Unis. Trois phénomènes se détachent :
  • 1. Des taux d''intérêts particulièrement bas (qui permettent aux emprunteurs de trouver des liquidités (de l''argent) bon marché). Par conséquent, les crédits sont faciles et encouragent à emprunter (ménages voulant acheter une maison) ou à investir (entreprises voulant acheter une machine ou s''agrandir).
  • 2. Un endettement colossal des ménages américains lié au phénomène précédent et au crédit «subprime» (cf. Fin d''article).
  • 3. Des banques qui ont cru pouvoir se débarrasser du risque de non remboursement des prêts (risque de défaut) en inventant de nouveaux titres financiers qu''elles ont vendus à d''autres agents (compagnies d''assurance notamment...) d''où un éparpillement des risques dans l''économie qui fait qu''au final on ne sait plus trop qui le supporte vraiment. (Pour en savoir plus sur la titrisation : c''est ici)
Quand l''immobilier va bien, tout va bien, mais... Dans un premier temps, jusqu''environ en 2006, les prix de l''immobilier aux Etats-Unis (et ailleurs) augmentaient régulièrement. Les ménages qui ne pouvaient faire face à des remboursements trop élevés, cédaient leur bien immobilier à leur banque qui devait pouvoir se rembourser sur la valeur du bien qui avait augmenté entre temps (les anglo-saxons utilisent beaucoup cette pratique nommée crédit immobilier hypothécaire ou « mortgage », le créancier (banque) est propriétaire du bien acheté à crédit ce qui lui fournit une garantie)... Le problème survient quand le marché de l''immobilier se retourne, les prix des actifs immobiliers baissent, l''effet de « hausse des richesses » des ménages propriétaires -qui était automatique en période de hausse des prix (plus-value immobilière)- s''efface et ceux-ci ne peuvent plus rembourser leurs prêts bancaires. Les établissements de crédit se trouvent alors en danger mettant en péril par ricochet l''ensemble de ceux avec lesquels ils sont en relation (compagnie d''assurance qui assuraient notamment les risques de défaut de paiement). Pourquoi ce retournement du marché immobilier a-t-il plus pesé aujourd''hui que dans le passé ? Car qui joue au Ninja finit par se faire Hara-Kiri... Je m''explique. Les banques ont inventé les Subprimes : terme qui désigne des prêts immobiliers à taux variables dits "à risque" car réservés à des ménages à la solvabilité fragile (on les appelle aussi aujourd''hui crédits Ninja : car consentis à des ménages qui contrairement aux règles de prudence ne présentaient pas forcément de garanties, de revenus, de profession ( comme disent les américains No Income, No Job, No Assets = NINJA). Le nombre de crédits souscrits par les ménages était donc très élevé. En même temps,  les taux d''intérêt s''étaient  mis à augmenter entraînant une hausse des mensualités à rembourser. Le taux de défaut de remboursement se met à exploser. Environ 40 % des crédits souscrits en 2006 ne peuvent être remboursés aujourd''hui aux Etats-Unis... Le nombre de logements concernés par une procédure de saisie a explosé aux Etats-Unis (Graphique ci-dessous) Je rappelle aussi que comme les risques avaient été titrisés et saupoudrés dans l''économie (distribués aux entreprises, compagnies d''assurance...), les banques étaient moins attentives à ceux-ci. Il s''avère donc que par manque de prudence et d''encadrement (règles édictées par les Etats) et par espoir d''opportunité de profits, l''ensemble des acteurs financiers de l''économie aient contribué à faire entrer l''économie mondiale dans cette crise financière. (Voir la chronologie réalisée par Alternatives économiques) Aujourd''hui, partout dans le monde, les banques ont peur de se prêter de l''argent entre elles par peur de faillite d''un établissement (c''est pourtant quelque chose qu''elles font régulièrement en temps normal et qui est nécessaire à l''équilibre d''un système financier). Les actionnaires craignent pour la valeur de leurs titres et préfèrent les vendre aujourd''hui plutôt que d''attendre demain (alimentant du même coup la baisse des indices boursiers actuels). Les épargnants hésitent à retirer leurs dépôts épargnés. Les agents qui ont besoin d''investir ont plus de mal à accéder aux crédits principalement les (petites) entreprises pour lesquelles les banques ont désormais peur de prendre des risques. La confiance dans le système s''est envolée. C''est maintenant l''économie réelle (pas celle de la finance mais celle de la production de richesses) qui est touchée et par conséquent nos emplois ou nos revenus... L''économie de marché laissée à elle-même (dite aussi libérale : dans laquelle les interventions publiques devaient être, pour le moins, minimes) a montré ses limites et paradoxalement aujourd''hui la seule voie de sortie passe par les Etats...  Jérôme Chéreau
 
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Menaces sur les Sciences Economiques et Sociales

 
06/10/2008
 
L''économie est à la peine. La crise financière actuelle fait surgir des inquiétudes face à l''avenir (chômage, pouvoir d''achat) et pose la question cruciale de la régulation de l''activité économique. Depuis quarante ans maintenant, les lycées proposent aux élèves un enseignement de Sciences Economiques et Sociales qui leur permet de trouver des clefs de compréhension du monde qui les entourent. Cette matière qui a fait ses preuves auprès des élèves est souvent attaquée par certains milieux et particulièrement depuis un an (Rapport « Positive entreprise » rédigé par Thibaut Lanxade http://www.positive-entreprise.org/ape/2007/08/programmes-scol.html pour une critique de ce rapport : http://obouba.over-blog.com/article-12353186.html ou encore Rapport « Association Jeunesse et Entreprise » (AJE) présenté par Yvon Gattaz, ancien président du CNPF et Sophie de Menthon , présidente d’«Ethic » http://www.canalacademie.com/L-enseignement-de-l-economie-dans.html Analyse critique du rapport : http://www.apses.org/spip.php?article1281&lang=fr). Avec la réforme des lycées lancée par Xavier Darcos (qui doit entrer en application à la rentrée 2009 (!)) et pour laquelle nous ne savons pas grand chose à l''heure actuelle, nous craignons deux choses : une diminution drastique des horaires proposés aux élèves qui voudraient choisir un enseignement économique et social; une dénaturation de son contenu que les milieux énoncés ci-dessus trouvent trop défavorable aux entreprises ou trop favorable à l''étude des limites du marché (entre autres). Nous ne voulons pas non plus nous priver des interactions entre économie et sociologie dans l''étude des notions avec les élèves. Alors qu''aujourd''hui l''économie va mal et a besoin que les citoyens prennent toute leur part dans sa rénovation, on voudrait supprimer une matière essentielle à la construction de choix avisés et constructifs. N''y a-t-il pas là une contradiction majeure ? Pour soutenir les S.E.S. : Signez et faîtes signer l''appel pour les SES c''est ici ! Merci.
 
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Temps de travail et productivité

 
30/09/2008
 
Pour revenir sur les différences de productivité vues dans le TD 1 p.50 (Manuel Bordas terminale ES) . Les américains travaillent nettement plus que les européens en moyenne annuelle (la durée du travail a diminué aux États-Unis, mais moins qu’en Europe : on est passé aux États-Unis de 1850 heures travaillées par an dans les années 60 à un peu plus de 1700 en 2004, contre 2100 à 1600 en Europe de l’Ouest) C''est aussi vrai en temps de travail hebdomadaire moyen (Les hommes et les femmes aux États-Unis travaillent en moyenne 41 heures hebdomadaires – les femmes, un peu moins –, contre environ 38 heures pour les hommes et un peu plus de 30 pour les femmes en Europe.) Et je ne parle même pas de semaines de congés payés (le congé minimal est de trois semaines et demi en moyenne dans l’UE, et de plus de quatre dans certains pays. Les Américains prennent en général deux semaines de vacances environ par an, parfois plus et parfois moins, dans la mesure où il n’y a pas de minimum légal). Il est alors logique que la productivité par emploi soit inférieure en France/ Etats-Unis alors que l''avantage était français sur la productivité horaire. Voilà pour l''article complet : c''est ci-dessous : source OCDE mars 2008 (http://www.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/2103/Compter_les_heures.html)
 
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Crise du syndicalisme

 
14/02/2008
 
Extrait vidéo : Syndicats : l'usine Renault de Sandouville
Retrouvez cette vidéo sur lesite.tv
Une video illustrant un point du cours sur les conflits.
 
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La question du pouvoir d'achat...

 
14/12/2007
 
Depuis quelques temps, le pouvoir d''achat est au coeur des préoccupations (politique et individuelles). De quoi s''agit-il exactement ? Les revenus des français stagnent-ils réellement ? D''après l''INSEE, le pouvoir d''achat d''un revenu est la quantité de biens et de services que l''on peut acheter avec une unité de salaire. Son évolution est liée à celles des prix et des revenus. C''est ainsi que, si les prix augmentent dans un environnement où les revenus sont constants, le pouvoir d''achat diminue alors que si la hausse des revenus est supérieure à celle des prix le pouvoir d''achat pourra augmenter. Globalement, les revenus des français progressent plus vite que les prix. Cet article de Thomas Piketty, paru l''an dernier, fait le point sur la réelle augmentation du pouvoir d''achat et le ressenti de stagnation du pouvoir d''achat des français ici. Il n''empêche que les français ont des raisons de percevoir une hausse des prix dans plusieurs domaines (voir ce listing ici ou l''article associé dans le nouvelobs). La réforme prévue de la loi Galland dans la grande distribution (permettant de répercuter les "marges arrières" des grandes surfaces sur le prix de vente) ne parviendra sans doute pas à enrayer le phénomène, l''augmentation des prix de l''énergie et du coût des matières premières étant bien une réalité.  
 
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