A la veille de cette sortie, nous ne nous attendions pas à ce que nous allions vivre le lendemain pendant une journée.
Une journée, qui restera à jamais gravé dans nos mémoires par son importance et par son horreur. Les discutions vivantes que nous tenions entre amis durant le voyage n''étaient pas les mêmes à l''aller qu''au retour...
L''arrivée en Pologne, le froid et la pluie nous plongent dans les conditions désagréables du pays. Dans le Bus qui est venu nous chercher a l''aéroport, c''était déjà plus calme. On sentait qu''on se rapprochait d''une réalité, de quelque chose d''horrible.
L''arrivée au Camps de Auschwitz-Birkenau. La terreur s''empara de toutes les personnes qui y étaient présentes. Ces portes de la mort, que les gens qui y entraient ne la voyaient qu''une fois. J''imaginais sous mes pieds les millions de pieds qui avaient jadis martelé ce sol boueux sans jamais revenir sur leur pas. En premier temps, nous allâmes visiter les campements...
Ces baraquements en bois non isolés du froid et des conditions climatiques étaient vraiment apeurantes. Les lits entassés comme des "cages à poules" m''ont vraiment ramené les pieds sur terre. La visite continue, le Guide continue son récit effrayant, pendant que nos oreilles boivent ce flot de paroles qui pèsent à ce jour lourds dans mon esprit. Nous nous dirigeons maintenant vers ce qui à anéanti tant de gens, qui à détruit des familles, qui a brisé des amitiés...
Les chambres à gaz et les fours crématoires... C''est vraiment qu''à ce moment-là, tout le monde fut anéanti. Sous nos yeux, la mort de centaines, de milliers, de millions de gens ! Les yeux remplis d''horreur, nous continuâmes la visite, mais avant, une pause au restaurant d''une auberge non-loin du camp s''imposa. Avec tout ce que je venais de voir, j''avais des hauts-le-coeur, ce qui m''empêcha de manger toutes sortes de denrées.
Visite du musée d''Auschwitz. ABREIT MACHT FREI...LE TRAVAIL REND LIBRE...quelle sorte de liberté ? Quel est ce sous-entendu instauré par les nazis suspendu au dessus de ces portes de la mort ? Cette mise en scène lugubre devait servir à appeurer les prisonniers. Pour ma part, c''était réussi. Mes pieds marchaient tous seuls pendant que je contemplais l''horreur qui s''élevait devant moi. Nous arrivons maintenant sur une grande place. Le Guide nous expliqua que c''est ici qu''était sonné l''appel des detenus à n''importe quelle heure de la nuit, et, apres un "un tirage au sort" ils en pendaient une dizaine. Ces missions avaient pour but de désolidariser les detenus entre eux.
Nous passons maintenant sous un porche: nous voilà dressés devant le
"mur aux fusillés". C''est là que les soldats allemands emmenaient des détenus et les executaient d''une balle dans la nuque... ces visions ne m''effrayaient plus, je n''étais plus moi pendant la visite. Je m''identifiais à un detenu, je comtemplais ce massacre. Nous arrivâmes dans une sorte de prison. Les cellules étaient diverses : Grandes cellules, Cellules où les gens mourraient de faim, d''autres ou les gens mourraient d''asphyxie, des cellules d''un mètre carré infligées comme punition... puis mon regard se braque sur la potence. Je reste bloqué sur cet outil, et je vois l''image de quelqu''un se balançant au bout du fil. Je détoure vite mon regard, pour éviter de revoir une vision morbide comme celle que je venais de voir. Je me dirigeai vers la sortie du bâtiment. Nous penetrâmes maintenant dans le musée lui même. Les pièces étaient numérotées. Dans celles-ci; photos, illustrations, shémas, cartes... bruitages de train et projecteurs braqués sur nous... Nous sortons de cet horrible bâtiment rempli de bruits et d''ombres. Je continue à suivre le Guide, sans réaliser que le pire était à venir.
Nous rentrâmes dans une sorte de Bunker souterrain. Ce n''était pas un Bunker, mais
une chambre à gaz, avec comme issue, les fours crématoire. Voilà ou s''achevait notre visite, sur cette visions de la mort elle même.
Le retour dans l''avion fut calme. Très calme. J''avais passé cette porte, celle que les detenus ne passaient qu''une fois, sans marge d''erreur. Le soir, j''ai eu beaucoup de mal à m''endormir. Ces images que mon cerveau avait ingurgitées, il ne les rejettera jamais.
Vous êtes entrés par la porte, vous sortirez par la cheminée ( paroles de detenus du camp Auschwitz).
PINNA Anthony, 3°5