dimanche 15 février 2009 | Publié 17:30 | Actualisé 17:53
Et aussi
La deuxième économie mondiale est loin d''être épargnée par la crise. A cela, le Japon doit ajouter des faiblesses structurelles qui ne vont pas lui rendre la tâche aisée pour relever le défi économique actuel.
Premier point de faiblesse: la dette publique représente un peu plus de 170 % du PIB, comme le rappelle une étude de la mission économique de l''ambassade de France au Japon, et le gouvernement ne semble pas s''inquiéter outre mesure de la situation. "L''augmentation des prélèvements reste un tabou", indique l''étude.
Le pays doit également faire face à une population vieillissante. La population active a commencé à diminuer depuis 1997 et la population est en déclin depuis 2005. Les dépenses de santé amorcent, en toute logique, une très forte hausse. Face à ce problème, là aussi, les pouvoirs publics restent passifs. "Pas de politique nataliste, pas de politique d''immigration", résume l''étude qui n''hésite pas à qualifier le pouvoir politique japonais de "faible".
Autre fragilité, le Japon est encore fermé sur lui-même. Le stock des investissements directs étrangers ne représentait que 2,9% du PIB à la fin 2007, contre 13,5% aux Etats-Unis ou 35% en France à la fin 2006.
Mais rendons justice aux Japonais. L''archipel a toujours des atouts. Par exemple, le capital flottant des entreprises japonaises est limité (6% pour Toyota), ce qui protège en partie l''économie de la volatilité actuelle des marchés financiers. Autre avantagede poids: le premier client des exportations japonaises est l''Asie qui reste, malgré la crise, en pleine croissance. Sur les neuf premiers mois de 2008, 50% des exportations japonaises ont eu pour destination l''Asie. La Chine représente à elle seule 16% des exportations de l''archipel, comme le rappelle la mission économique. Les Etats-Unis, pays le plus touché par le ralentissement économique actuel, représentent désormais moins de 20% des exportations, 17% exactement.
Ne l''oublions pas, ce qui fait la force du Japon, c''est son avance en recherche et développement. Les dépenses dans ce domaine comptent pour 3,6% du PIB, contre 2,6% aux Etats-Unis et 2,1% en France. Le Japon est ainsi le pays au monde qui dépose le plus de brevets. Et il exporte trois fois plus de produits à contenu technologique qu''il n''en importe.
Malgré l''hostilité de certains députés, des syndicats et des Eglises, l''Assemblée débutera mardi l''examen du texte sur l''extension du travail dominical, sur demande expresse du président Nicolas Sarkozy. Zoom sur la loi du 13 juillet 1906 qui a mis fin à un long conflit social en instituant le repos dominical en France.
La loi du 13 juillet 1906 instituant le repos dominical en France a mis fin à un long conflit social né d''une catastrophe minière dans le Nord, et ouvert une période d''« apaisement religieux », au lendemain de la séparation des Eglises et de l''Etat.
Une période d''« apaisement religieux », au lendemain de la séparation
des Eglises et de l''Etat
C''est un radical bon teint, Ferdinand Sarrien, qui devint président du Conseil le 13 mars 1906, quelques jours après le coup de grisou de la mine de Courrières qui a fait 1 099 morts.
Il fallait tout à la fois calmer la colère des mineurs, éviter les incidents lors des « inventaires » des biens du clergé - alors que son prédécesseur, Maurice Rouvier avait voulu faire ouvrir les tabernacles -, préparer l''opinion au procès en cassation d''Alfred Dreyfus, qui déchainait les passions, et se lancer dans la bataille des législatives de juillet.
La vieille revendication du repos dominical, de même que celle de la journée de 8 heures - qui attendit 1919 pour être satisfaite - étaient au coeur des débats et des manifestations.
Pour faire front, Sarrien avait la chance de présider un gouvernement prestigieux comprenant deux futurs présidents de la République, Raymond Poincaré et Gaston Doumergue et trois futurs présidents du Conseil, Aristide Briand, l''homme de « l''apaisement » religieux et de la tentative de paix franco-allemande après-guerre, Georges Clemenceau et Louis Barthou.
Tous voulaient des avancées sociales. Or la loi du 12 juillet 1880, pour des raisons antireligieuses, avait aboli le repos dominical sous prétexte qu''il avait été décrété sous la Restauration (loi du 18 novembre 1814). Le « jour de repos » était dès lors décidé par le patron.
La santé, les spectacles, l''hôtellerie ou les transports ne sont pas concernés par le repos du dimanche
La tragédie de Courrières provoque des émeutes. 45 000 mineurs se mettent en grève le 16 mars. Le 17, Clemenceau, ministre de l''Intérieur, promet de ne pas faire intervenir la force, mais change d''avis quand la mairie de Lens est occupée, le 20. La répression est dure, un policier est tué. 50 000 « gueules noires » défilent à Paris le 1er mai, à l''appel de la CGT.
Le 20 mai, la gauche remporte les élections de façon écrasante.
Pour calmer les esprits, la loi Sarrien est votée, dont l''article 2 dispose que le dimanche est jour de repos hebdomadaire des employés et ouvriers. Employés de maison et travailleurs agricoles en sont provisoirement exclus.
Cette loi, aussi appelée « loi Lemire », nom du député-maire d''Hazebrouck, l''abbé Jules Lemire, un républicain et démocrate ardent, à l''origine des allocations familiales, qui sut convaincre que le choix du dimanche n''était pas une revanche des religieux contre les « laïcs », quelques semaines après la loi de séparation. L''« apaisement » était en route.
La France était en retard sur l''Angleterre et il fallut attendre le Front populaire en 1936 pour voir advenir le samedi férié, et le « week-end ».
Le 13 juillet 1906, c''est aussi la réintégration du capitaine Dreyfus à son grade, et le vote du transfert des cendres d''Emile Zola au Panthéon.
Les dispositions de la loi Sarrien sont toujours en vigueur. Mais plus de 180 dérogations sont appliquées, en raison notamment de la réforme votée sous le gouvernement Balladur en 1993. Des secteurs comme la santé, les spectacles, l''hôtellerie, les transports ne sont pas concernés par le repos du dimanche.
Source:DNA
Voici un diaporama proposé sur le site de l''académie de Besançon. Il est très instructif sur le conteneur : son volume, les techniques d''embarquement et débarquement dans les ports, le suivi informatisé...
Diaporama sur les porte-conteneurs
Fachoda : aujourd’hui Kodok est une ville du Soudan, située sur la rive droite du Nil Blanc, à plus de 800 km au Sud de la capitale Khartoum. En 1898, cette ville fut le théâtre d''une crise diplomatique importante entre la France et l''Angleterre...
Une véritable course à la colonisation...: en 1898, presque toute l''Afrique a été conquise par les européens. Depuis 1884-1885 et la conférence de Berlin, ils se sont lancés dans une course aux colonies ("course aux clochers" pour J. Ferry)
...qui s''organise selon des Axes de colonisation...
Les européens progressent à l’intérieur des terres selon des axes. Il s''agit de ne pas perdre de temps, puisque le premier arrivé possède la terre :
les Britanniques privilégient un Axe Nord/Sud de l’Egypte au Cap.
Les Français de leur côté choisissent l''axe Ouest/Est (du Sénégal à Djibouti)
C''est le capitaine Marchand, qui dirige la mission française chargée de traverser en partie l''Afrique d''Ouest en Est (du Congo au Nil). Il prépare méticuleusement son expédition :70000 mètres de textile, 16 tonnes de perles vénitiennes pour séduire les chefs africains, et alcools, foie gras,... pour les besoins des gradés (autour de 600 tonnes de cargaison...). Il dispose cependant d''un faible effectif : 8 officiers et 250 tirailleurs au départ.
Fachoda, une ville à l''intersection des deux axes de colonisation
La ville de Fachoda, située à la jonction des deux lignes en projet, devient vite l''enjeu majeur des deux armées. Les Français atteignent les premiers le site de Fachoda. Marchand (photo ci-contre) a fait route à marche forcée vers le Soudan afin de devancer les Britanniques dans leur progression vers le haut Nil. Lorsque le général anglais Kitchener et ses 20 000 hommes rejoignent à leur tour la ville occupée par Marchand (3 mois plus tard), c’est le début d''un grave incident diplomatique:
L''Angleterre adresse un ultimatum à la France, la sommant de se retirer.
Paris refuse, et campe sur ses positions pendant 8 mois.
Fachoda sera, au final, un échec cuisant et humiliant pour la France, qui finira par céder à la pression diplomatique et militaire des Anglais le 3 novembre, ordonnant le retrait des troupes. Celui-ci sera effectif le 11 décembre.
Une crise qui permet un rapprochement entre la France et l''Angleterre
Les historiens considèrent généralement que cette crise a permis l''instauration de relations politiques étroites entre les deux pays, débouchant même sur la signature en 1904 de l''entente cordiale : La France reconnaît la possession de l’Egypte par l’Angleterre, cette dernière appuie la France dans son entreprise de conquête du Maroc...
Une vidéo:la crise de Fachoda