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Le Blog de Monsieur ARNAUD

Un nouveau blogedu pour comprendre l'Histoire, la Géographie et l'ECJS

 
 

A Shaoxing, centre mondial du textile, la crise inquiète

 
14/12/2008
 

A Shaoxing, centre mondial du textile, la crise inquiète

LE MONDE.fr | 13.12.08 | 12h07  •  Mis à jour le 13.12.08 | 14h20

SHAOXING (Chine) ENVOYÉ SPÉCIAL

uelque 300 millions de cravates, 11 milliards de paires de chaussettes, des étendues d''usines qui fabriquent des fils, font du tissu ou teignent des vêtements : à 230 kilomètres au sud de Shanghaï, dans cette Chine côtière qui affiche des taux de croissance insolents, la ville préfecture de Shaoxing (province du Zhejiang), premier centre de distribution de fibres synthétiques d''Asie, est à elle toute seule une machine à habiller le monde, qui a exporté pour près de 9 milliards de dollars (6,7 milliards d''euros) de produits textiles sur les dix premiers mois de l''année.

Le fléchissement des exportations chinoises, qui s''est ressenti au niveau national, en novembre, pour la première fois depuis 2001 (- 2,2 %), est devenu une préoccupation majeure : "Le niveau de dépendance aux exportations a dépassé 70 % pour le textile à Shaoxing. Les entrepreneurs ne sont pas optimistes. A la foire de Canton, où ils remplissent leurs carnets de commandes, beaucoup ont été choqués par la baisse de la demande. La confiance s''érode, car les entreprises exportatrices sont à la limite de l''équilibre", reconnaît Chen Yuan De, vice-directeur du bureau du commerce extérieur de la ville. Les plus hauts dirigeants chinois, qui ont tenu en début de semaine à Pékin un sommet économique pour décider des orientations de l''année à venir, savent que les signaux sont au rouge. Les provinces, et notamment les plus riches, veulent attirer l''attention sur leur sort et les fonctionnaires locaux ont, sur les sujets économiques et sociaux, le parler franc. Avec sa frénésie de développement, Shaoxing n''a pas exactement l''air d''une région sinistrée : la zone de Keqiao, à une dizaine de kilomètres de la ville, est hérissée de gratte-ciel et d''hôtels internationaux où sont parqués Jaguar, Porsche et Range Rover. Plusieurs ensembles résidentiels sont en construction. Un énorme complexe sert de hall d''exposition permanente aux fabricants locaux. Mais en octobre, au moins quatre grosses faillites ont défrayé la chronique, dont celle de la Hualian Sunshine, l''un des premiers fabricants chinois de produits chimiques qui entrent dans la composition des fibres synthétiques et la Jianlong, leader de l''impression sur textile. La première, restructurée grâce à l''intervention du gouvernement local, a redémarré. La seconde, dont le patron s''est enfui, est en liquidation. CHÔMAGE TECHNIQUE Ce mini-séisme a révélé, selon la revue économique Caijing, les fragilités cachées, en temps de crise, du Zhejiang, berceau de l''entreprenariat privé chinois et du capitalisme familial : les collusions entre public-privé ont fini par déformer les mécanismes du marché, et conduit à la sur-expansion de certains grands groupes qui, bien que privés, ne sont que des "versions hybrides d''entreprises d''Etat", favorisées par un accès facile au crédit et à des terrains. Caijing rapporte également que la pratique très répandue des entreprises de se porter toutes garantes les unes des autres pour obtenir des prêts est une bombe à retardement lorsque la conjoncture se retourne. Si les grosses entreprises en amont de la chaîne de fabrication ont été les premières touchées, c''est qu''en réalité, le premier choc de la crise date d''avant le désastre financier mondial d''octobre, lorsque les coûts de la main-d''oeuvre, des matières premières et le taux du yuan se sont envolés fin 2007 et début 2008. Avec la crise mondiale, les coûts des matières premières se sont effondrés. "C''est une bonne nouvelle pour les entreprises", se félicite M. Chen. L''emploi d''ouvriers migrants, payés à la pièce, donne encore une très grande flexibilité aux employeurs : nombre de PME qui fabriquent des produits similaires avec des marges très faibles ont mis leurs ouvriers au chômage technique. L''heure est à l''adaptation et aux opportunités : le développement du marché intérieur est devenu le nouveau mantra du gouvernement central, qui cherche à soutenir la consommation et l''emploi. Chen Jun Liang, de Benniu Textile, l''un de ces jeunes patrons du cru qui a su anticiper les cycles précédents, y croit : il a débuté dans le meuble, avant de s''apercevoir que l''exportation de toile de jeans rapportait davantage. Quand le secteur est devenu trop concurrentiel, il y a cinq ans, il a décidé de se reconvertir dans la confection de jeans pour les marques occidentales. Il veut aujourd''hui lancer sa propre marque, Ever Go, sur le marché chinois et ouvrir des magasins : "C''est le tout début du développement du marché intérieur, mais ça me paraît très faisable, je connais bien le marché chinois et je pense que ma marque va plaire d''ici six mois un an", dit-il. En attendant, il réduit ses coûts et compte faire passer de 300 à 200 le nombre d''ouvriers dans son usine de lavage de jeans du Guangdong.

 

Brice Pedroletti

Article paru dans l''édition du 14.12.08

 
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Les espaces moteurs de la mondialisation:croquis

 
26/11/2008
 
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La croissance du tourisme international sera stoppée en 2009

 
26/11/2008
 
La croissance du tourisme international sera stoppée en 2009 LE MONDE | 25.11.08 | 14h09 a crise n''épargne pas le tourisme : selon l''Organisation mondiale du tourisme (OMT), la croissance du tourisme international devrait être de 2 % en 2008 et "au mieux, stable en 2009", assure l''organisme, qui dépend des Nations unies.Francesco Frangialli, secrétaire général de l''OMT, se veut confiant : "Si la crise reste sous contrôle, les résultats du secteur ne seront pas bons, mais a priori, il devait se montrer plus résistant que les autres secteurs que sont la finance, l''immobilier ou l''automobile."
Pour expliquer cette résistance, M. Frangialli avance deux raisons. La première reste la contribution plus importante des pays émergents au tourisme international. Plus de 40 millions de Chinois ont voyagé en 2007, et même si la croissance de la Chine a baissé de 11 % à 9 %, il y aura encore plus de touristes chinois en 2008 et 2009.Pour le patron de l''OMT, la deuxième raison est un changement de comportement. "La consommation de voyages, les déplacements, les vacances font aujourd''hui partie du noyau dur des consommations que l''on essaie de préserver, à la différence de ce qui se faisait il y a trente ans, où l''on préservait la nourriture ou le logement quitte à adapter sa consommation de voyages : moins loin, moins longtemps et à l''économie", justifie-t-il. Pour preuve, ajoute-t-il, des destinations comme l''Egypte fonctionne très bien cet hiver et les quinze premières stations de ski françaises ont des réservations supérieures à celles de 2007. En revanche, note M. Frangialli, si la crise s''aggrave, le comportement des touristes pourrait radicalement changer. "Si l''on est sur le point de perdre son emploi ou dans l''incapacité de rembourser son emprunt, on ne voyage pas." Une consolation : quand l''économie repart, le tourisme est toujours l''un des premiers secteurs à rebondir. François Bostnavaron Article paru dans l''édition du 26.11.08
 
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La Russie reprend pied en Amérique latine

 
26/11/2008
 

La Russie reprend pied en Amérique latine

LE MONDE | 25.11.08 | 14h20  •  Mis à jour le 25.11.08 | 14h20

près avoir assisté au Forum économique Asie-Pacifique (APEC) à Lima (Pérou), le président russe Dmitri Medvedev, escorté par un aréopage d''industriels, est attendu au Venezuela, mercredi 26 novembre, puis à Cuba, jeudi, après s''être rendu au Brésil du 24 au 26 novembre.Qualifiée par la presse moscovite de "seconde découverte de l''Amérique", la tournée de M. Medvedev marque le retour de la Russie dans une région longtemps considérée comme "l''arrière-cour" des Etats-Unis, mais dont Washington s''est largement désintéressé depuis les attentats du 11 septembre 2001. Avide de faire contrepoids à l''influence américaine, Moscou entend reprendre pied dans la zone. "Et cette fois, nous revenons pour toujours", assure un porte-parole de la diplomatie russe, Alexeï Sazonov.

Pour mener à bien ce projet, le président Medvedev dispose de deux viatiques - l''énergie et les ventes d''armes - et d''un mot d''ordre : la "multipolarité". L''implantation de la Russie dans la région a trois dimensions : politique, économique et militaire. Point culminant de la tournée : Dmitri Medvedev assistera depuis le Venezuela aux premiers exercices navals conjoints en mer des Caraïbes. La flottille russe - guidée par le croiseur amiral à propulsion nucléaire Pierre-Le-Grand - se livrera à la première démonstration militaire russe dans les eaux caraïbes depuis la fin de la guerre froide. Depuis la crise des missiles russes à Cuba, en 1962, les navires de guerre soviétiques évitaient de croiser dans la région. Moscou n''en fait pas mystère : ces manoeuvres sont une riposte à l''envoi de navires de guerre américains en mer Noire lors du conflit russo-géorgien d''août. Les évolutions navales de la Russie ont une valeur symbolique. Moscou avait d''emblée précisé que le Pierre-Le-Grand ne transporterait aucune tête nucléaire sur les douze missiles qui l''équipent. Faire autrement aurait enfreint le traité de Tlatelolco (1967) par lequel les Etats de la région se sont engagés à en préserver la dénucléarisation. Moscou et Caracas ont choisi le moment opportun pour sceller leur entente : l''intérim présidentiel à Washington, qui accroît leur liberté d''action et instaure des faits accomplis avant l''entrée en fonctions de Barack Obama. Politiquement, les deux pays ont un vif intérêt mutuel à se rapprocher, aux dépens de Washington. La Russie a saisi au vol l''occasion offerte par le Venezuela de contester l''"hégémonie" américaine dans la région en empiétant sur leur zone d''influence. Ce défi est l''une des réactions russes à l''installation prévue du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque et à l''accession éventuelle de l''Ukraine et de la Géorgie au statut de candidat officiel à l''OTAN. De même, pour avoir reconnu l''indépendance autoproclamée de l''Ossétie du Sud et de l''Abkhazie, les régions séparatistes de Géorgie, le Nicaragua fait l''objet des attentions russes. Le président sandiniste Daniel Ortega est attendu à Moscou en décembre et une rafale de projets sont à l''étude, dont la construction d''un port en eau profonde à Monkey Point. UN CHEVAL DE TROIE IDÉAL Vu de la forteresse du Kremlin, le Venezuela, chef de file de "l''anti-impérialisme" en Amérique latine, est le cheval de Troie idéal. Comme les dirigeants russes, le président vénézuélien Hugo Chavez veut la fin du monde "unipolaire". Il s''est rendu sept fois au Kremlin depuis 2001, dont deux cette année. En une occasion au moins, il a regretté la disparition de l''Union soviétique, qui, a-t-il dit, "nous manque beaucoup". Caracas est devenu le premier client militaire de la Russie dans la zone. Pour moderniser son armée, M. Chavez s''est tourné vers l''Est, achetant pour 4,4 milliards de dollars de matériel à la Russie entre 2005 et 2007. En septembre, Moscou a octroyé à son partenaire un prêt de 1 milliard de dollars pour des acquisitions d''armes. Les dirigeants russes se veulent rassurants. Les manoeuvres navales et les achats d''armement ne sont dirigés contre "les intérêts d''aucun pays". Y voir un défi à Washington est "une vision héritée de la guerre froide", a noté le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. D''ailleurs, faire des affaires dans le domaine civil n''est pas moins important. L''homme clé des contacts entre le Kremlin et le Venezuela n''est autre que le vice-premier ministre russe Igor Setchine, planificateur numéro un en matière d''énergie. Pétrole, gaz, or, fer, bauxite : tout intéresse Moscou. Les deux pays ont constitué, autour des entreprises d''Etat Gazprom et de PDVSA, un consortium énergétique, "le plus grand de la planète", selon M. Chavez. Une banque commune dotée d''un fonds de 4 milliards de dollars a été créée. Les deux compagnies ont lancé, le 8 novembre, le forage du premier puits de gaz dans le golfe du Venezuela. Il faut toutefois remettre les choses en perspective. La Russie ne fait pas encore partie des grands partenaires commerciaux du Venezuela. En tête de liste, et de très loin, figurent les Etats-Unis, premier client pétrolier de Caracas. Plus largement, les échanges commerciaux de la Russie avec l''Amérique latine sont quantité négligeable : 15 milliards de dollars au total, soit moins que ceux de Moscou avec le Kazakhstan. Autre partenaire clé de Moscou en Amérique latine, Cuba, dernière étape du voyage de M. Medvedev. Distendues depuis l''effondrement de l''URSS en 1991, les relations repartent du bon pied. Les visites de haut niveau se sont multipliées. En trois mois, le vice-premier ministre russe Igor Setchine a fait trois fois le déplacement. Pendant le séjour du président russe, des accords sur l''exploration pétrolière et celle du nickel, principal produit d''exportation de l''île, devraient être signés. Un projet de modernisation de la flotte aérienne cubaine est dans l''air. Moscou a annoncé une ligne de crédit de 335 millions de dollars pour l''achat d''équipements russes. La tournée de Dmitri Medvedev, largement médiatisée, s''inscrit pourtant à contretemps. Lorsque les planificateurs du Kremlin l''ont conçue il y a quelques mois, le prix du baril, principal ressort de la croissance russe, était à son zénith (150 dollars en juillet) et la crise financière n''avait pas encore frappé. Avec un baril à moins de 50 dollars, la donne a changé. "La crise et la mauvaise conjoncture autour du pétrole risquent de porter un coup à la rentabilité de projets perçus jadis comme rentables", explique Mikhaïl Kroutikhine, spécialiste de l''énergie. Ainsi, le projet de construction d''un gazoduc du Venezuela au Brésil n''est plus guère évoqué. Le géant russe Gazprom, opérateur de sa construction, y a semble-t-il renoncé, faute de liquidités. Le Venezuela, exportateur de pétrole, n''est pas mieux loti. "Depuis que ce pays a réclamé un crédit pour ses achats d''armes, il est clair que ses finances ne sont pas au mieux de leur forme", a rappelé, vendredi 21 novembre, le quotidien Kommersant.

Marie Jégo (Moscou) et Jean-Pierre Langellier (Caracas) avec Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue)


Chiffres et projets Venezuela. Caracas a acheté à Moscou pour 4,4 milliards de dollars de matériel militaire depuis 2004 (24 avions de chasse Soukhoï 30 ; 50 hélicoptères de combat Mig ; 100 000 fusils d''assaut kalachnikov et 5 000 fusils de haute précision Dragunov). Un projet de coopération nucléaire dans le domaine civil devrait être prochainement conclu. Cuba. La Russie devrait développer sur l''île un centre spatial. Des discussions sont en cours pour l''utilisation du système de navigation par satellite Glonass. Moscou a démenti un projet de base pour ses bombardiers stratégiques. Brésil. La Russie est en pourparlers avec le Brésil pour la fourniture d''hélicoptères de transport Mi-171A.

Article paru dans l''édition du 26.11.08

 
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La propagande coloniale de la Troisième République

 
23/11/2008
 
Extrait vidéo : La propagande coloniale de la Troisième République
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