Blog réalisé par les élèves latinistes de 3e du collège Michel Lotte de Belle-Île-en-Mer : Chloé, Clément, Coralie, Thomas, Willy.
Cerbère
02/06/2010
Cerbère vu par Virgile (Énéide, chant VI, vers 410 sq.)
Énée, accompagné de la Sibylle, descend aux Enfers...
Brueghel L'Ancien, Énée et Sybille, 1600.
Caeruleam aduertit puppim, ripaeque propinquat.
Inde alias animas, quae per iuga longa sedebant,
Deturbat, laxatque foros; simul accipit alueo
Ingentem Aenean. Gemuit sub pondere cymba
Sutilis, et multam accepit rimosa paludem.
Tandem trans fluuium incolumis uatemque uirumque Informi limoglaucaque exponit in ulua.
Notre traduction
[Charon] tourne la proue bleu foncé et s’approche de la rive. Ensuite, il chasse les autres âmes qui étaient assises partout sur les longs bancs de rameurs, et il libère le pont. En même temps, il accueille dans la coque le grand Énée. La barque faite de nombreuses pièces, gémit sous son poids, et par ses fentes elle se remplit d’eau croupie. Enfin, par delà le fleuve, il dépose cet homme sain et sauf sur la boue informe et l’algue gluante.
Virgile nous offre ici une description des Enfers
représentative de l'image que les Grecs et les Romains avaient de ce monde parallèle.
UN ROYAUME IMMATÉRIEL, COUPÉ DU MONDE DES VIVANTS.
« haec regna »: ces royaumes
« iremeabilis »: d'où l'on ne peut revenir
« animae »: les âmes (décrites comme des fantômes)
Un monde minéral
Un monde aquatique
Un monde indéfini, ni solide, ni liquide,
où les éléments terre et eau se mêlent
« antro » employé deux fois
« ulua » : l'algue
« palus »: l'eau stagnante du Styx(un des fleuves des Enfers)