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En 1807, Napoléon 1er est au faîte de sa puissance, et l''Europe est asservie. Les libertés publiques ont disparu. Mais une voix s''élève : celle de Chateaubriand, dans le journal "Le Mercure de France'''', dont il est propriétaire.
Lorsque, dans le silence de l''abjection, l''on n''entend plus retentir que la chaîne de l''esclave et la voix du délateur ; lorsque tout tremble devant le tyran, et qu''il est aussi dangereux d''encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l''historien paraît, chargé de la vengeance des peuples. C''est en vain que Néron prospère, Tacite est déjà né dans l''empire ; il croît inconnu auprès des cendres de Germanicus, et déjà l''intègre Providence a livré à un enfant obscur la gloire du maître du monde. Bientôt toutes les fausses vertus seront démasquées par l''auteur des Annales ; bientôt il ne fera voir dans le tyran déifié que l''histrion, l''incendiaire et le parricide : semblable à ces premiers chrétiens d''Egypte qui, au péril de leurs jours, pénétraient dans les temples de l''idolâtrie, saisissaient au fond d''un sanctuaire ténébreux la Divinité que le Crime offrait à l''encens de la Peur, et traînaient à la lumière du soleil, au lieu d''un Dieu, quelque monstre horrible.
François-René de Chateaubriand
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