Un blog collectif autour de l’échec scolaire et des pistes de réflexion sur les moyens d'en sortir
Faciliter le passage de l’école primaire au collège, par Christiane Allain
11/09/2009
Le passage de l’école primaire au collège est souvent difficile pour les enfants. L’enfant passe, en effet, d’un seul enseignant, avec lequel il entretient un contact personnalisé, à de multiples interlocuteurs (enseignants et personnel de référence), dans un établissement en général plus grand. Tous les enfants ne sont pas prêts à faire face à ce changement dans la sérénité ! Cela peut perturber leurs apprentissages dans la classe, au moins dans les premières semaines, et parfois au delà.
Comment la fédération des parents d’élèves peut-elle aider les parents à aider, à leur tour, leurs enfants ?
Aider les parents à comprendre le système du collège dès le CM2
A part la visite des établissements au mois de juin, rien n’est encore fait pour que les parents se familiarisent avec le collège. Or la sérénité d’un parent encourage celle de l’enfant !
Une des pistes est de mettre en place, dès l’année de CM2, une ou plusieurs réunions d’information avec des parents d’enfants qui sont en CM2 et, par exemple, des instituteurs, des professeurs de 6ème, le chef d’établissement…
Une autre est d’instaurer, au début de l’année scolaire, une semaine banalisée dédiée, non pas aux cours, mais à la seule découverte de l’établissement (locaux, méthodes de travail, d’organisation, adultes etc…). Les parents seraient invités à accompagner leurs enfants pour rencontrer les différents personnels de l’établissement (l’infirmière, la conseillère d’orientation, la conseillère principale d’éducation… ) mais aussi découvrir des lieux comme le restaurant scolaire. Ce ne serait pas une semaine de perdue, au contraire, car un enfant « sécurisé » est bien plus apte à travailler !
Une autre idée serait de mettre en place des parrainages entre élèves de 3e, de 4e ou de 5e et des élèves de 6e.
Changer le mode de communication de l’éducation nationale
L’éducation nationale a tendance à communiquer uniquement par l’écrit avec les parents d’élèves. Certains parents, qui ne maîtrisent pas le français écrit, ont du mal à comprendre le fonctionnement du collège. Ils se heurtent, par exemple, à des sigles qui sont compliqués à décoder, même pour des parents dits « cultivés », ce qui contribue à les couper du collège. D’autant que toute information passe par l’enfant : les parents n’ont pas d’accès direct aux enseignants, au chef d’établissement. La semaine banalisée est une façon de répondre à ce problème, mais, au-delà, l’éducation nationale doit changer son mode de communication.
cela fait plusieurs années que sur Romainville dans le 93 nous essayons de mettre en place une liaison CM2-6éme, mais cela est compliquée avec les directions d'écoles et les enseignants, et cela porte préjudice à l'élève et cela se ressent sur les bulletins de notes et on les retrouve en échec scolaire par la peur de leur entrée en 6éme, parce qu'ils n'ont pas été préparer; donc je vais une fois de plus avec vos arguments remettre sur les rails cette liaison cm2-6éme; je vous remercie à l'avance, je vous tient au courant; je suis administratrice departementale F.C.P.E sur la seine-saint-denis et à charges les écoles de romainville
rogers : le 18/09/2009 à 09h08
Bravo. je suis de votre avis quand il y aura une véritable COMMUNICATION, les acteurs eux mêmes (l'élève, l'enseignant, les parents) mettront en place les solutions. Aucun autre intervenant dans ce blog ne prend CE FACTEUR en compte. Ce qui me fait craindre pour l'avenir.
La semaine de banalisation est un MUST!
Nathalie Ménard : le 18/09/2009 à 10h57
On parle dans l'interview d'enfants "sécurisés". C'est bien le mot qui fâche !
Je suis effarée depuis que ma fille est rentrée en 6ème. Depuis 2 semaines, elle et nous sommes littéralement assommés de règles, consignes et autre règlement. Il faut connaître et signer le règlement intérieur, certes ! Un devoir a donc été donné aux enfants un soir à la maison consistant à répondre à une page et demi de questions sur le règlement intérieur du collège. Un document appelé "contrat de l'élève" (merveilleux !) a été distribué égrainant l'élève doit travailler, l'élève doit avoir ses affaires, l'élève doit être à l'heure, etc. C'est pédagogique, on explique du coup qu'un contrat se passe à deux généralement... Les cours d'éducation civique sont consacrés à ça en ce moment. Les toilettes du collège ont été fermées pendant les heures de cours pour éviter les déambulations et les dégradations, total : les 468 enfants peuvent aller aux
toilettes 15 min le matin, 1/2 heure le midi et 15 min l'après-midi. Même la réunion de l'association sportive (on se disait avec les profs de sport ça sera plus cool) a été une litanie de menaces d'exclusion de l'AS en cas de tout un tas de raisons... Je passe sur la grippe A bien sûr parce que là on frise l'hystérie collective.
Je ne sais pas qui est sécurisé au final, mais je me rassure, des parents d'enfants qui sont maintenant en 5ème ou plus m'ont dit qu'après c'était plus tranquille, "au début il faut qu'ils marquent leur territoire"...
Sandra : le 24/09/2009 à 10h41
Je pense que l'entrée en 6ème doit se préparer en amont. En effet il est difficile pour les parents de s'adapter, mais pour l'élève encore plus. C'est le premier véritable changement qu'il a connu depuis le passage maternelle-primaire (s'il s'en rappelle).
Pourquoi les enseignants de CM2 ne pourraient-ils pas consacrer une journée dans l'année pour se rendre au collège afin que les enfants se rendent compte de ce que cela représente lorsqu'il est "en activité". Cela leur permettrait de voir comment s'effectue le trajet pour se rendre au collège, visiter les lieux et participer à une ou deux heures de cours (en petit groupe de façon à ne pas perturber la classe). Ceci pourrait rassurer les jeunes, leur faire se rendre compte des différences qui existent entre le collège et la primaire.
Par la suite, l’enseignante fait un point avec ses élèves et les entraîne petit à petit quand à la « prise de notes », la lecture d’écritures pas toujours soignées (notamment au tableau), le cours dicté… Un petit exercice de temps en temps, qu’ils se préparent doucement à ces changements. Car le collège est un changement de lieu, de rythme, de profs, de planning… Si certains de ces changements peuvent être plus ou moins maîtrisés, c’est toujours ça de gagné pour mieux s’adapter.
(Je vous parle en connaissance de cause, c’est de cette façon (à peu de choses près) que j’ai pu vivre mon passage en 6ème il y a une quinzaine d’années.)
Permettre aux parents d’accompagner leur enfant une journée lorsqu’il n’y a pas d’élèves mais uniquement le personnel leur permettrait de pouvoir peut-être associer un visage à un nom, de connaître les lieux et de cette même façon, les rassurer à leur tour, serait une excellente chose. Mais prenons en compte le fait que la semaine les parents travaillent aussi. Pourquoi pas un samedi matin ?
Bref, il nous reste encore une longue route à faire.
Sandra : le 24/09/2009 à 10h48
Je pense que l'entrée en 6ème doit se préparer en amont. En effet il est difficile pour les parents de s'adapter, mais pour l'élève encore plus. C'est le premier véritable changement qu'il a connu depuis le passage maternelle-primaire (s'il s'en rappelle).
Pourquoi les enseignants de CM2 ne pourraient-ils pas consacrer une journée dans l'année pour se rendre au collège afin que les enfants se rendent compte de ce que cela représente lorsqu'il est "en activité". Cela leur permettrait de voir comment s'effectue le trajet pour se rendre au collège, visiter les lieux et participer à une ou deux heures de cours (en petit groupe de façon à ne pas perturber la classe). Ceci pourrait rassurer les jeunes, leur faire se rendre compte des différences qui existent entre le collège et la primaire.
Par la suite, l’enseignante fait un point avec ses élèves et les entraîne petit à petit quand à la « prise de notes », la lecture d’écritures pas toujours soignées (notamment au tableau), le cours dicté… Un petit exercice de temps en temps, qu’ils se préparent doucement à ces changements. Car le collège est un changement de lieu, de rythme, de profs, de planning… Si certains de ces changements peuvent être plus ou moins maîtrisés, c’est toujours ça de gagné pour mieux s’adapter.
(Je vous parle en connaissance de cause, c’est de cette façon (à peu de choses près) que j’ai pu vivre mon passage en 6ème il y a une quinzaine d’années.)
Permettre aux parents d’accompagner leur enfant une journée lorsqu’il n’y a pas d’élèves mais uniquement le personnel leur permettrait de pouvoir peut-être associer un visage à un nom, de connaître les lieux et de cette même façon, les rassurer à leur tour, serait une excellente chose. Mais prenons en compte le fait que la semaine les parents travaillent aussi. Pourquoi pas un samedi matin ?
Bref, il nous reste encore une longue route à faire.