Depuis l'informatisation complète des transactions boursières, l'arme suprême des spéculateurs est la vitesse. Les programmes d'achat et de vente ultrarapides, basés sur des algorithmes toujours plus complexes et tournant sur des ordinateurs toujours plus puissants, sont devenus des outils décisifs. On assiste à une féroce course à l'armement entre opérateurs. En 2008, plus du quart des transactions boursières aux Etats-Unis ont été réalisées grâce à des algorithmes. Le temps de latence (délai entre l'émission d'un ordre et sa réalisation) est de l'ordre de la milliseconde, et les profits ainsi réalisés se chiffrent en milliards de dollars par an. Les superordinateurs scannent des dizaines de plates-formes en quelques millisecondes, pour détecter les tendances du marché, puis passent des ordres à la vitesse de la lumière, laissant sur place les investisseurs traditionnels, beaucoup plus lents. Ils peuvent aussi détecter le cours plafond fixé par un acheteur (prix au-dessus duquel il arrête d'acheter un titre). Aussitôt, ils raflent toutes les actions disponibles avant que l'acheteur légitime ait eu le temps d'agir, et les lui revendent plus cher, généralement au cours maximal - c'est-à-dire 1 centime en dessous de son plafond.
D'après Le Monde du 03/09