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Histoire géo à Jules Haag

 
 

et si Google rachetait la Grèce ?

 
03/05/2010
 

La Grèce a été sauvée par l’Union Européenne. Mais dans un monde où certaines multinationales sont plus puissantes que certains états, elle aurait tout aussi bien pu être rachetée par une entreprise...

Et si Google avait racheté la Grèce pour la sauver de la faillite? Incongru? Pas tant que ça.

Comme plusieurs multinationales de premier plan, Google dispose de suffisamment de liquidités pour pouvoir éponger en payant comptant les dettes de pas mal de petits pays. Et quand quelqu’un rachète vos dettes, vous devenez son débiteur. Parfois dans tous les sens du terme.

Quand les entreprises multinationales commenceront-elles à mener des O.P.A. sur des pays pour mieux les contrôler et les influencer au profit de leurs besoins propres? Dans certaines républiques bananières, c’est déjà le cas de manière officieuse. Mais à l’avenir, on peut imaginer que ce genre de rachat devienne officiel. Après tout pourquoi pas? Les nations ne sont jamais que le vestige des précédents millénaires, et dans les faits, le monde globalisé s’affranchit des frontières des Etats dans bien des domaines.

Nous sommes aujourd’hui citoyens de pays, mais pour combien de temps encore? Le jour où nous appartiendrons aux entreprises n’est peut-être pas si lointain. C’est d’ailleurs la thèse développée par Max Barry dans son roman Jennifer Gouvernement. En guise de nom de famile, les individus portent le nom de l’entreprise qui les emploie. L’auteur décrit un monde dans lequel le marketing guerrier est poussé à outrance (si vous avez envie de lire le livre traduit de l’anglais, il est disponible en français chez Amazon et à la Fnac). A côté, le No Logo de Naomi Klein ressemble à un conte pour enfants.

Posséder un pays, c’est pouvoir créer un système politique (la Première République Numérique de Cyber-Grèce), battre sa monnaie (des Googlar$?), émettre des passeports et promulguer des lois (au hasard sur la conservation des données, les croisements de fichiers, la suppression de la vie privée en ligne).

On pourrait imaginer que certaines entreprises acquièrent des pays pour sécuriser des ressources rares (par exemple des matières premières employées dans la fabrication de micro-processeurs) ou des sites stratégiques (par exemple pour lancer des satellites privés ou contrôler des câbles sous-marins trans-océaniques).

L’étape suivante est bien sur la guerre entre ces entreprises devenues états souverains. Une sorte de retour au Moyen-Age, le marketing et l’arme atomique en plus. Imaginez un peu Samsung contrôler la Bourgogne et Apple régner en Avignon. Oui, vous avez raison de commencer à trembler. Cet avenir est tout à fait possible.

Gizmodo.fr en partenariat avec 20minutes.fr
 
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Publié dans : Archives 2008-2010
 
 
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