Au final, aucun des 70 candidats de l''opposition n''a été élu. Les 110 sièges du Parlement ont tous été remportés par le camp du président Alexandre Loukachenko qui, depuis 1994, dirige d''une main de fer cette petite république ex-soviétique, située entre l''Union européenne et la Russie. Avant tout, "les promesses d''assurer la transparence du comptage n''ont pas été remplies", déplore l''OSCE. Dans la plupart des cas, les observateurs occidentaux n''ont pas été admis au dépouillement des bulletins.
Pour les autorités biélorusses, les élections se sont déroulées on ne peut plus normalement. Les Européens espéraient que le déroulement du scrutin allait être plus transparent que les précédents. Le président Loukachenko avait fait quelques gestes en libérant des prisonniers politiques. Amère, l''opposition a qualifié le vote de "farce" et prié la communauté internationale de ne pas reconnaître les résultats. En quête d''investissements pour moderniser une économie restée largement étatisée et inefficace, le président Loukachenko semblait miser sur un rapprochement avec l''Europe. Mais la Biélorussie, qui dépend entièrement de Moscou pour son approvisionnement en gaz et en pétrole ainsi que pour l''écoulement de sa production industrielle, ne peut se défaire de l''étreinte du voisin russe.Les relations entre les deux pays se sont tendues depuis que Moscou a relevé les tarifs du gaz et du pétrole livrés à Minsk. Le fait que le président Loukachenko rechigne à reconnaître l''indépendance de l''Ossétie du Sud et de l''Abkhazie, les républiques séparatistes de Géorgie, reconnue le 28 août par la Russie, a été vécu comme un camouflet par le Kremlin.
D''après Le Monde du 01/10/08.