Le bio tente de plus en plus d'agriculteurs français. Eric Gobard, 41 ans, est un agriculteur heureux, et même enthousiaste. Il y a deux ans, ce céréalier a converti 30 % de ses 200 hectares au mode de production biologique. Il espère aller au-delà
La conversion à l'agriculture bio est subventionnée pendant les cinq premières années. Fin 2009, 16 446 exploitations étaient certifiées, soit 3,14 % des exploitations. Elles représentaient 2,46 % de la surface agricole utile (SAU) en métropole. Le Grenelle de l'environnement a fixé l'objectif d'arriver à 6 % en 2012, et 20 % en 2020.

Les conversions ont augmenté de 23,4 % en 2009, et, en 2010, la progression s'accentue encore. Pour lui, l'agriculture bio n'est pas un retour en arrière. Il en veut pour preuve le matériel perfectionné qu'il utilise, comme cette bineuse équipée d'une caméra numérique. Du côté des revenus enfin, le calcul a été "vite fait". "On a 25 à 40 % de baisse de rendement, mais la production est payée deux fois plus cher, et, sans engrais ni pesticides, les charges baissent, explique le jeune homme. Et on a un sentiment de liberté extraordinaire."
M. Gobard sent que les choses bougent autour de lui. Peu à peu, l'image des producteurs bio, autrefois moqués, change.
Mais cela avance si bien que le budget a du mal à suivre. La Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) a évalué les besoins de financements pour 2010 à 96 millions d'euros (sur cinq ans, soit la durée de l'aide à la conversion) dans 18 régions. Or 81 millions d'euros seulement sont budgétés pour l'instant pour toute la France (financés pour moitié par des fonds européens).
La France est aujourd'hui le -deuxième pays consommateur en Europe, derrière l'Allemagne." Mais seulement le quatrième producteur. Le rattrapage qui est en train de s'opérer ne suffit pas : environ 38 % des produits (en valeur) sont importés.
Reste aussi à gérer, pour la filière, le passage d'un marché de niche (2 % du marché alimentaire aujourd'hui) à une certaine massification. La baisse des prix fait partie des objectifs des distributeurs. "Nous voulons donner un large accès au bio. Un différentiel de prix de 15 % paraît acceptable."
D’après le Monde.