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Histoire géo à Jules Haag

 
 

Les réfugiés climatiques.

 
18/10/2009
 

Un conseil des ministres en tenue de plongée : samedi 17 octobre, le gouvernement des Maldives devait se réunir six mètres sous l'eau pour dénoncer le réchauffement. La montée de l'océan menace d'engloutir l'archipel. Ses 400 000 habitants seraient alors en quête d'une terre d'accueil... sans pouvoir revendiquer le droit d'asile ni le statut de réfugiés. Car "le cadre juridique actuel ne permet pas de prendre en compte les migrations provoquées par le changement climatique", résume Charles Ehrhart, responsable de cette question à l'ONG Care.
Le HCR recensait, fin 2008, 16 millions de réfugiés ou demandeurs d'asile, protégés par la convention de Genève de 1951. Selon celle-ci, un réfugié est "une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité", "persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques".
Déplacés Fin 2008, 26 millions de personnes subissaient un déplacement forcé à l'intérieur de leur propre pays en raison de conflits, de persécutions, de catastrophes naturelles... Les droits des déplacés internes et les modalités de l'aide qui leur est apportée sont définis par des "principes directeurs" adoptés par l'ONU en 1998, qui n'ont pas force de loi.
Les catastrophes climatiques soudaines - hors sécheresse et dégradation lente de l'environnement - ont obligé 20 millions de personnes à migrer en 2008, selon l'ONU. D'ici cinquante ans, on comptera 200 millions de victimes. Leur situation n'est spécifiée par aucun texte international. D'ici à 2050, 200 millions de migrants pourraient être jetés sur les routes par les dérèglements de l'environnement.
Du Haut Comité des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), les agences mondiales ont pris conscience de ce vide juridique. Mais le dossier se heurte à la complexité du phénomène et à la crainte de migrations massives.
Derrière la revendication d'un statut pour les réfugiés climatiques, cette conviction : la responsabilité des pays riches dans le réchauffement leur donne l'obligation d'apporter aide et asile à ses victimes. Des pays comme les Maldives ou le Bangladesh demandent des compensations aux pays du Nord et exigent que la question des migrations forcées soit incluse dans les discussions pour parvenir à un accord à Copenhague.
C'est là que le bât blesse. "Beaucoup de pays entretiennent le flou juridique pour ne pas avoir à accueillir les populations déplacées", estime Philippe Chauzy, le porte-parole de l'OIM, qui a proposé une définition très ouverte des déplacés de l'environnement. Les adversaires d'un tel statut ont un argument tout trouvé : la responsabilité du changement climatique peut difficilement être prouvée. Sans compter qu'une part des catastrophes n'a rien à voir avec le climat. Séisme en Indonésie, typhon aux Philippines, au Vietnam et au Laos, tsunami aux îles Samoa et Tonga : la série de cataclysmes qui s'est abattue sur l'Asie du Sud, fin septembre, a illustré la difficulté d'adopter une approche différenciée selon les cas de figure.
Pour M. Warner, "il faut chercher des solutions, pas des coupables. C'est la façon dont nous abordons ces questions qui déterminera si les pires prévisions se réalisent. Or l'aide des pays riches à l'adaptation des pays pauvres est le meilleur moyen d'éviter que des populations soient précipitées vers la migration et l'urgence humanitaire."
D’après Le Monde du 18/10/2009.

 

 
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