La France a raté son PISA 2009. Ce Programme international pour le suivi des acquis des élèves montre un pays tout juste dans la moyenne OCDE. Les Etats-Unis réussissent mieux que nous en lecture et en sciences. Quant à l'Allemagne, derrière nous il y a dix ans, elle s'est ressaisie et nous passe devant en lecture, en sciences et aussi en mathématiques. L'édition 2010 est d'autant plus importante qu'elle montre l'évolution des systèmes sur dix ans. Le programme est réalisé tous les trois ans sur un échantillon représentant 26 millions de jeunes scolarisés dans 65 pays, qui représentent 90% de l'économie mondiale. Pour la France, les résultats de PISA 2009 sont mauvais à plusieurs titres. D'abord parce que les résultats bruts sont juste à la moyenne des pays de l'OCDE, ensuite parce que la courbe depuis la première session, en 2000, est à la baisse, et aussi parce qu'ils montrent un système de plus en plus injuste. Si l'on arrête là notre regard, la performance n'est pas brillante. En revanche, en comparant 2009 à 2003 ou à 2006, les résultats restent stables.
En mathématiques, toutefois, impossible de masquer la chute. La France descend de la 13e à la 16e place, et surtout perd 14 points depuis 2003. Surtout quand l'Allemagne en gagne 10 en six ans, l'Italie 17 et le Portugal 21. En sciences, en revanche, la France campe toujours à la 21e place Ces résultats masquent un autre indicateur inquiétant : notre école ne corrige que très mal les injustices de naissance. Aujourd'hui, ce sont 22,5 % des jeunes Français – soit 2 % de plus que dans la moyenne des pays de l'OCDE – qui peinent à extraire des informations d'un texte, à comprendre les liens entre les personnages, voire à dégager l'idée force d'un écrit. En mathématiques, c'est la même chose.La proportion des élèves les moins performants a aussi augmenté de façon significative entre 2003 et 2009, passant de 16,6 % à 22,5 %. Ce qui signifie que ces élèves ne savent s'y prendre avec un problème que si celui-ci ne nécessite pas d'étape intermédiaire pour sa résolution. Ils sont capable d'appliquer une formule, pas d'échafauder une stratégie qui conduirait à la résolution d'un problème.Toutes ces compétences sont mesurées chez des jeunes de 15 ans.