Rarement un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique aura été attendu avec autant de fébrilité que celui sur le programme nucléaire iranien. Prévu pour le mardi 8 novembre, il est précédé par la menace israélienne d'une éventuelle frappe militaire préventive contre l'Iran.
De sources diplomatiques occidentales, on indique que l'AIEA publiera des informations étayant les soupçons occidentaux quant à un caractère militaire du programme nucléaire iranien, et cela, malgré les dénégations de la République islamique qui affiche des objectifs strictement civils. De plus, l'Agence critiquera une énième fois "l'absence de coopération" de l'Iran et "le non-respect de ses obligations" en tant que pays membre de l'AIEA, en particulier la poursuite de l'enrichissement d'uranium, qui pourrait, à terme, lui permettre d'accéder à l'arme atomique, malgré l'injonction d'y mettre fin de l'Organisation des Nations unies (ONU).
Mais, souligne-t-on de mêmes sources, le directeur général de l'AIEA, le Japonais Yukiya Amano, devrait s'abstenir de conclure définitivement dans un sens ou dans l'autre. Ce rapport sera soumis au Conseil des 35 gouverneurs de l'agence onusienne qui se réuniront les 17 et 18 novembre à son siège à Vienne. Outre des éléments provenant de services secrets occidentaux, l'agence dispose aussi de photos satellitaires témoignant de la présence, sur la base militaire de Parchin, à 30 km de Téhéran, de ce qui pourrait être une installation nucléaire, précise-t-on de sources diplomatiques occidentales.

Les négociations avec l'Iran sont au point mort : les médiations russe et turque ont échoué et les discussions entre l'Iran et le groupe 5 + 1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU - États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine - plus l'Allemagne), interrompues en janvier, sont dans l'impasse. D'après l'AFP.