La visite du président Dmitri Medvedev aux îles Kouriles, dont le Japon revendique une partie, jette un froid sur les relations diplomatiques entre les deux pays. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a jugé "inacceptable" le mécontentement du Japon après la visite lundi du président russe dans les îles, et annoncé que l'ambassadeur japonais à Moscou allait être convoqué.Moscou et Tokyo se disputent depuis plusieurs dizaines d'années quatre îles de l'archipel des Kouriles. Ces îles avaient été annexées par les Soviétiques le 18 août 1945, trois jours après l'annonce de la capitulation du Japon. Depuis, aucun président russe ne s'était rendu en visite officielle sur ces îles

"En allant là-bas, Medvedev a montré qu'il était un dirigeant fort et que la Russie n'est pas un pays dont le dirigeant se fait dicter par l'étranger où il peut et où il ne peut pas aller", a déclaré à l'AFP Valéri Kistanov, chef du centre d'études japonaises à l'Académie des sciences de Russie. Selon lui, la virulente réaction de Tokyo est essentiellement liée à la volonté du parti au pouvoir de redorer son image sur la scène politique japonaise. Ce déplacement controversé intervient alors que le président russe est attendu au Japon pour le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) le 12 novembre. Mais selon les analystes, ce refroidissement politique a peu de risque d'influer sur les relations économiques entre les deux pays. En effet, même si le Japon est le deuxième partenaire commercial de la Russie en Asie après la Chine, avec des échanges de 30 milliards de dollars en 2008, contre 4 milliards en 2005, Tokyo est bien plus dépendant de la Russie et de ses ressources naturelles que l'inverse."La Russie est le plus grand fournisseur de ressources naturelles en Asie", indique Roland Nash, analyste de la banque d'investissement Renaissance Capital. "L'importance de la relation est sûrement beaucoup plus grande pour le Japon que pour la Russie", estime l'analyste. Selon lui, si la Russie développe ses échanges avec le Japon, la Chine reste néanmoins son objectif premier sur le marché asiatique, où elle entend globalement renforcer sa présence. "Le Japon est l'un des deux grands meneurs de la croissance économique en Asie. Bien sûr, il est important pour la Russie de garder de bonnes relations avec le Japon mais est-ce aussi important qu'avec la Chine ? Non. Aussi important qu'avec l'Europe ? Non", estime-t-il.
D'après Le Monde.