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Des images de la totalité du globe terrestre, de haute résolution (un mètre), renouvelées toutes les semaines. C''est le progrès que promet le projet e-Corce (Constellation d''observation récurrente cellulaire) porté par le Centre national d''études spatiales (CNES). Les clichés aujourd''hui proposés aux internautes par Google Earth, pour prendre le géoportail le plus connu, offrent une bonne résolution sur certaines régions comme les Etats-Unis ou les grandes capitales. Mais elle est de piètre qualité sur la majeure partie de la planète : un continent comme l''Afrique reste dans le flou complet. En outre, beaucoup de vues n''ont pas été "rafraîchies" depuis plusieurs mois, sinon plusieurs années.
Avec e-Corce, "on distinguera avec la même précision une file de touristes au pied de la tour Eiffel, un campement de Bédouins dans le désert … assure Jean-Pierre Antikidis, responsable des systèmes d''information spatiaux au CNES. L''agence spatiale imagine le déploiement d''une flottille de treize microsatellites optiques qui, placés sur un même plan d''orbite héliosynchrone, à 600 km d''altitude, balayeraient la totalité de la planète en sept jours. Avec des grappes de satellites supplémentaires, la mise à jour des images pourrait devenir quotidienne.
La difficulté réside dans la quantité astronomique de données à gérer : l''équivalent, chaque semaine, de 1,3 million de disques durs standards. Le CNES a conçu un système de compression des images divisant par 50 la taille des fichiers, sans différence visible pour l''usager : faible au-dessus des villes, la compression serait plus importante au-dessus de la mer ou des nuages, qui comportent peu d''informations utiles. De plus, ces données seraient distribuées entre 50 stations au sol, réparties dans le monde et reliées à une grille de calcul.
Le marché visé est celui des géoportails publics, mais aussi des applications professionnelles, telles que l''agriculture de précision, la gestion des forêts et des récoltes, l''analyse des évolutions urbaines, le suivi des catastrophes naturelles ou l''aide au développement. …
Chiffré à 400 millions d''euros (un tiers pour les treize premiers satellites, un tiers pour leur lancement par une fusée Soyouz, un tiers pour les stations terrestres), soit un coût très faible pour un programme spatial, le système pourrait être opérationnel en 2014. A condition que soit constituée une structure privée pour le financer et l''exploiter, le CNES se réservant les royalties sur les brevets qu''il a déposés. Des contacts ont été pris avec les fabricants européens de satellites, ainsi qu''avec Google et Microsoft, et l''Agence spatiale française se donne "entre six mois et un an" pour boucler le tour de table. Faute de quoi e-Corce resterait cloué au sol.
D’après Le Monde du 19/10/2008.
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