Barack Obama est devenu, mardi soir 4 novembre, le 44e président des Etats-Unis, mais aussi le premier président support de spams (pourriels). Ces derniers mois et surtout ces derniers jours, les spammeurs ont profité de l''engouement pour le candidat démocrate pour tenter d''investir les ordinateurs d''internautes peu regardants quant au contenu des messages reçus. Il y eut d''abord une prétendue vidéo pornographique montrant en 2007 Obama avec de jeunes Ukrainiennes, prétendument accessible en quelques clics. Puis des e-mails titrés "Obama''s Win Reshapes the Race" (la victoire d''Obama refond la race) ou encore "Obama Wouldn''t Be First Black President" (Obama ne serait pas le premier président noir), proposant de consulter ou recevoir gratuitement en DVD un "Barackumentary" riche d''informations exclusives ou de visionner des entretiens avec lui. Ces attaques de "phishing" (hameçonnage) provenant d''adresses électroniques à l''aspect très officiel, comme news@president.com ou news@bbc.com, permettaient aux cybercriminels créateurs des sites consultés de récupérer les données personnelles contenues dans l''ordinateur infecté. Après avoir cliqué sur le lien fauduleux contenu dans l''e-mail, l''internaute était invité à mettre à jour sa version du lecteur Flash de la société Adobe. En fait de mise à jour, ce sont des variantes des chevaux de Troie "Mal" (baptisés Mal/Behav-027 et Mal/Heuri-E par les antivirus) qui s''installaient sur l''ordinateur, renvoyant toute information jugée utile contenue sur le disque dur vers des serveurs localisés à Kiev (Ukraine). Une autre attaque plus pernicieuse a consisté à acheter des mots-clés sur Google. Ainsi, en tapant dans la barre de recherche de ce moteur "Obama wins" (Obama vainqueur), on se voyait proposer en colonne de droite un lien vers un fichier PDF infecté par une autre variante du "Mal" (Mal/PDFEx-B). Plus de 10 millions de messages frauduleux concernant Barack Obama ont été expédiés le jour et le lendemain du scrutin présidentiel aux Etats-Unis, selon la société de sécurité informatique Cloudmarks. Et le futur dirigeant américain n''est pas le seul objet de ces spams qui, selon les sociétés d''antivirus, ont constitué en octobre près de 77 % de l''ensemble des messages électroniques envoyés.
D’après Le Monde du 08/11/2008.