Les ministres de l''agriculture de l''Union européenne se sont mis d''accord, jeudi 20 novembre pour réaménager la politique agricole commune (PAC) en faisant davantage dépendre les prix et revenus du monde agricole de la loi de l''offre et de la demande sur le marché. Le texte final adopté par les Etats membres a permis de dégager un compromis qui, à la fois, tient compte des desiderata des grands pays agricoles et règle les trois points les plus épineux des négociations : le volume des aides directes aux agriculteurs redirigées vers le développement rural ; les quotas laitiers et les outils dont disposent les pouvoirs publics pour intervenir sur les marchés des matières premières agricoles.
Les Vingt-Sept ont décidé que les aides directes que les agriculteurs européens reçoivent dans le cadre de la PAC seront réduites dès l''année prochaine, notamment pour ceux qui en touchent le plus, afin d''être redirigées vers des projets de revitalisation du monde rural. Les quotas laitiers, qui limitent la production depuis 1984, seront relevés de 1 % tous les ans, jusqu''à leur disparition totale prévue pour 2014. Des aides de compensation sont prévues pour les éleveurs des zones fragiles de montagne, car certains pays comme l''Allemagne, la France et l''Autriche redoutent que l''ouverture des vannes de la production ne fasse chuter les prix et menace leur existence. Cette question a été la plus compliquée à gérer car les négociations se sont déroulées dans un contexte de grogne des producteurs de lait dans de nombreux pays, notamment en France, face à la baisse des prix depuis plusieurs mois, après leur pic de l''automne 2007. Joints par Le Monde.fr, les syndicats agricoles français ont très mal reçu cet accord.
D’après Le Monde du 20/11/2008.