Le géant de l'industrie allemande Siemens a annoncé dimanche 18 septembre qu'il renonçait à son activité dans le nucléaire pour se développer dans le secteur des énergies renouvelables. Après l'émotion suscitée en Allemagne par la catastrophe de Fukushima, le gouvernement allemand avait décidé en mars de stopper immédiatement les plus vieux réacteurs nucléaires du pays puis de condamnerles autres à l'horizon 2022. Prudent, le patron de Siemens avait été l'un des rares en Allemagne à ne pas adhérer en 2010 à une lettre ouverte émanant des poids lourds de l'économie allemande pour demander un allongement de la durée d'exploitation des centrales nucléaires du pays. Il voit aujourd'hui dans la décision du groupe de sortir totalement de ce secteur une "réponse à la position claire prise par la société et le monde politique en Allemagne". Mais le PDG souligne que Siemens entend profiter, en tant que fournisseur de turbines à gaz et de matériels pour l'énergie éolienne et solaire, de cette nouvelle politique du gouvernement qu'il qualifie de "projet du siècle".

Principale conséquence concrète de ce virage stratégique : l'abandon d'un projet de coentreprise entre Siemens et le groupe public russe Rosatom. "Les deux groupes sont toujours très intéressés par un partenariat. Mais il portera sur un autre domaine", a expliqué P Löscher. Quelle sera la réaction des Russes ? En mars, Rosatom avait déclaré partir "du principe que Siemens appliquera la lettre d'intention dans son intégralité". Cet Autrichien de 53 ans, arrivé en 2007 à la tête du conglomérat allemand, est l'artisan d'une restructuration profonde du groupe. Il a très tôt affiché son ambition de faire de Siemens un pionnier des technologies "vertes" et du développement urbain international. Le groupe est en particulier un acteur majeur de la construction d'éoliennes au niveau international.
D'après Le Monde.