Les partis politiques belges francophones et néerlandophones sont parvenus samedi 8 octobre à un accord global de réforme des institutions, qui ouvre la voie à une sortie de la crise que traverse le pays depuis un an et demi. Globalement, l'accord prévoit des compétences renforcées pour les régions dans le domaine fiscal en particulier. Les allocations familiales et le code de la route vont aussi être partiellement régionalisés. Des transferts de compétences sont envisagés en matière de santé et de politique de l'emploi. Les Flamands ont obtenu dans un autre domaine une victoire hautement symbolique : les droits linguistiques et administratifs spéciaux dont jouissaient les milliers de francophones dans la périphérie flamande de Bruxelles seront pour la plupart d'entre-eux supprimés. Ce point empoisonnait le climat entre les deux communautés depuis des décennies.
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Il reste à présent aux différents partis à se mettre d'accord sur un programme de gouvernement. La tâche ne sera pas aisée car à la division linguistique du pays se superpose une division politique de plus en plus profonde entre le Nord flamand ancré résolument à droite et le Sud francophone en Wallonie qui penche clairement à gauche.
La Belgique est privée de véritable gouvernement depuis avril 2010, une durée de carence record au niveau mondial. A l'origine de la crise : les Flamands au Nord (60 % de la population), plus riches, ont le sentiment de payer pour les francophones plus pauvres au sud, accusés de ne pas faire les efforts nécessaires pour se redresser économiquement. Les flamands réclamaient une autonomie nettement renforcée, sous la pression du premier parti de la région, sorti vainqueur des élections de juin 2010, le mouvement indépendantiste N-VA de Bart de Wever. A l'inverse, les francophones redoutaient à la fois un appauvrissement de leur communauté et un affaiblissement de l'Etat fédéral susceptible de préparer le terrain à un éclatement du pays.
D'après Le Monde.